L'économie canadienne

EXAMEN DES RÉSULTATS COMMERCIAUX ET DU LIBRE-ÉCHANGE, CANADA 2006-2015

Le Canada connait la pire reprise de ses exportations depuis la Grande dépression

Après un an passé à examiner les performances économiques du Canada post-crise financière de 2008 et les bénéfices des accords de libre-échange signés par le Canada depuis 2006, le Sénateur Hervieux-Payette, Vice-présidente du Comité permanent des banques et du commerce, a mené cette étude avec l’intention de séparer les faits de la fiction.

Le Canada fait face à un changement structurel de l’économie et le gouvernement conservateur n’a jamais su y répondre. Il n’a fait que signer un nombre sans précédent d’accords de libre-échange. Mais, dans ce nouveau contexte, l’expérience montre que ces accords ne créent pas d’excédent commercial ni d’emploi.

Les défis du Canada en matière commerciale nécessitent une approche moderne et une révision stratégique de ses politiques afin d’assurer le succès des Canadiens dans l’environnement mondial d’aujourd’hui. Ce rapport propose 7 recommandations cruciales.

Résumé de l'étude

L'étude complète

Communiqué de presse

La reprise actuelle des exportations depuis la récession issue de la crise des prêts hypothécaires à risque est la pire reprise de toute l’histoire du Canada moderne et, avant la crise, les exportations du Canada ont donné un piètre rendement en raison de l’évolution du contexte mondial. Le commerce s’articule autour de réseaux de production appelés « chaînes d’approvisionnement mondiales ». Le présent rapport expose les répercussions des forces mondiales sur les exportations du Canada. Il vise également à déterminer si les mesures actuelles adoptées en réaction à la situation permettront aux Canadiens de s’adapter aux changements. Enfin, il énonce sept grandes recommandations:

  1. Regrouper l’ensemble des politiques commerciales nationales et internationales, ainsi que les agences publiques en matière de commerce, au sein d’un seul ministère;
  2. Employer des méthodes modernes d’analyse des échanges commerciaux pour élaborer une stratégie commerciale dont les conclusions devraient être rendues publiques afin d’assurer l’imputabilité;
  3. Mettre en œuvre un programme de développement des technologies et un programme d'éducation continue des adultes pour une compétitivité renouvelée en permanence;
  4. Développer une nouvelle agence commerciale représentant le secteur privé et dirigé par lui qui aurait pour mandat de faire la promotion des exportations;
  5. Mettre en place des politiques dans le but de créer un solide réseau de moyennes entreprises novatrices;
  6. Mettre en œuvre un programme national pour coordonner les politiques commerciales internationales des provinces et du fédéral. Ce programme doit également réaliser une révision de l’ensemble de la stratégie commerciale du Canada tous les deux ans. Organiser tous les deux ans un forum public national associant acteurs publics et privés; et
  7. Confier au Directeur parlementaire du budget le mandat et les ressources pour réviser de manière indépendante tous les accords de libre-échange; s’assurer que le gouvernement rende public les textes négociés et que le Parlement soit saisi pour ratifier les accords.

Le nombre d’emplois créés par l'accord Canada-Europe relève de la fiction

Les données utilisées pour l’analyse et pour la promotion de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG) laissent présager un déficit de la balance commerciale. De plus, l’étude date de  2004 et les données ne tiennent pas compte des bouleversements économiques des six dernières années. Les taux de croissance du Canada et de l’Europe sont respectivement inférieurs de près de 50 % et de 85 % par rapport à la prévision de l’étude. En outre, la simulation est fondée sur un postulat selon lequel les négociations de Doha de l’OMC prendraient fin en 2014. Cela ne s’est pas produit. Enfin, l’étude n’a jamais fait mention d’une statistique prévoyant la création de 80 000 emplois. Ce chiffre prétentieusement répété n’a aucun fondement. En revanche,  le ministère du Commerce et les représentants publics séniors qui jouent un rôle dans l’exécution de l’AECG sont sûrement au fait de cette invention étant donné que ce sont eux qui ont avancé ce chiffre au Parlement et à la population canadienne.

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L'économie canadienne est un sujet de préoccupation pour tous les citoyens. Avoir une économie forte et dynamique nous assure de pouvoir continuer à profiter de notre qualité de vie, d’accroître notre niveau de vie tout en relevant les défis du moment. Parfois, ces défis sont tels qu’ils bloquent la croissance de l’économie canadienne. Cette section sera consacrée à l'économie. Sur cette page seront publiés annonces, études, analyses, etc.

Récemment, notre piètre performance commerciale a révélé la nécessité de changer de cap. Contrairement aux années passées, l'excédent commercial s’est transformé en déficit. La croissance de notre productivité n'a pas suivi le rythme des pays aux économies similaires au Canada. Notre plus grand partenaire commercial – les États-Unis d’Amérique – continue de dominer notre marché d'exportation, tandis que, dans le même temps, des économies émergentes gagnent des parts de marché aux États-Unis et au Canada. La croissance de nos exportations vers les économies développées semble plafonner, alors qu’elles constituent nos principaux marchés d'exportation. Cette nouvelle réalité pour le commerce canadien n'est pas sans opportunités, mais la politique commerciale du gouvernement fédéral doit prendre en compte la situation actuelle en plus d’élaborer des politiques qui permettront à tous les Canadiens de bénéficier des accords commerciaux que le gouvernement fédéral signe en leur nom.

Le personnel de mon bureau a réalisé une étude qui dresse le profil des défis et des opportunités du commerce international du Canada. L'étude examine également les services offerts par le gouvernement fédéral pour stimuler les exportations. Ceci nous permet de constater que le dispositif gouvernemental pour faciliter les échanges commerciaux n'est pas à la hauteur de nos attentes pour que nous puissions tirer parti des opportunités et surmonter les défis présents. Le rapport fournit également des solutions possibles qui sont actuellement mis en œuvre dans d'autres pays à travers le monde.