Journée de l’enfant: ma déclaration au Sénat

La Journée de l’enfant a été proclamée par le gouvernement du Canada le 19 mars 1993 afin de commémorer deux événements historiques concernant les enfants : l’adoption par les Nations Unies de la Déclaration des droits de l’enfant en 1959 et de la Convention relative aux droits de l’enfant en 1989.

Cette journée est faite pour nous rappeler que l’enfant est une personne. Une personne à part entière. Qu’il a des droits comme le droit à son intégrité physique et que ces droits doivent être protégés par le gouvernement comme pour n’importe quel autre citoyen.

Il y a 2 mois, le Honduras a pris le virage de la modernité et de la sagesse en abolissant la violence supposément éducative faite aux enfants. C’est le 4ème État d’Amérique latine à signifier à sa population que la violence n’est en aucune circonstance une méthode éducative acceptable. C’est le 6ème pays en 3 ans, le 16ème pays en seulement 6 ans et le 34ème pays depuis le pionnier suédois en 1979 qui reconnaît que la meilleure façon d’exercer l’autorité c’est de le faire sans violence, sans claques, sans fessées, sans humiliation.

Protéger les enfants et les générations futures ne se résume pas à protéger des victimes. En réalité, cela commence par protéger les enfants avant même qu’elles ne deviennent des victimes. Cela commence par les reconnaître comme des personnes de plein droit et non comme la propriété de leurs parents.

Non les parents ne sont pas toujours les meilleurs experts en matière d’éducation de leurs enfants. Ainsi, ceux qui pensent que la douleur dissuadera l’enfant de recommencer ignorent vraisemblablement certains phénomènes psychiques comme la persévération. Ce phénomène, répandu chez les enfants de 3 ans, les bloque dans une pensée en boucle, les rendant sourds à l’autorité parentale. Ce qui relève alors d’un phénomène psychique est interprété comme un caprice par des parents non avertis.

C’est pourquoi, la journée internationale des droits de l’enfant devrait aussi être une journée pour rappeler aux parents la complexité du développement de l’enfant, sa fragilité, et notre humilité à tous face à la limite de nos connaissances en la matière.

Aussi, je fais le vœu que le Canada emprunte rapidement le chemin pris par le Honduras et les 33 autres pays avant lui en interdisant la violence éducative aux enfants tout en aidant les parents à mieux comprendre les étapes cruciales de leur développement.